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Interview de Frost/Sector One PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jeffrey & Jegougou   
Jeudi, 18 Décembre 2008 14:23

Interview with Frost

"Irving Gould a tout saboté" Commodore avait tout pour dominer durablement le marché. La communauté Amiga actuelle me paraît parfois un peu irréelle. Ce sont des gens attachés à une machine qui a eu son heure de gloire voici plus d'une dizaine d'années, des passionnés, parfois fanatiques à l'extrême.

  • Salut Frost, à toi la main pour l'intro!

Salut, je m’appelle Thomas Reiss, j’ai 27 ans, bientôt 28 et j’habite en région parisienne. Je suis amateur de vieilles machines, de démos, et codeur assembleur. De part ce fait, je suis membre du groupe de démomaker Sector One, groupe que l’on retrouve désormais quasi exclusivement avec le groupe Dune. Ces groupes officient sur Atari ST et Falcon et sont présent sur la scène depuis des années. La principale différence étant que le groupe Sector One ne comporte plus de membres actifs depuis la première apogée du groupe, dans les années 90, alors que les membres de l’actuel Dune sont toujours présents depuis des années (le codeur Chuck et le graphiste Mic).

  • Atari inside!? Mes amis, rassurez vous, la guerre des clans n'est plus. Nous avons appris à sympathiser avec le diable >:D. Bien, Un petit mot sur les productions auxquelles tu as participé?

J’ai codé quelques écrans pour deux démos réalisées dans des collaborations entre Sector One et Dune. La première, la Odd Stuff, est sortie en 2001 et est leOdd stuff demo fruit du travail de dix personnes sur deux ans. C’est une mégadémo, ou plutôt une trackmo, à l’ancienne, autobootable, possédant son propre mini-OS. La seconde, la Fantasia, (2003), a occupé six personnes sur seulement quelques mois. Cette fois-ci, le système était rodé et les choses se sont faites en quelques mois. Seul Mic était aux commandes du design et cela rend la démo bien plus cohérente. Pour la petite histoire, cette démo était arrivée pauvre troisième à la Error In Line #3, tenue à Dresden en Allemagne, car nous étions à la bourre et la démo était à moitié terminée. La version finale est sortie six mois plus tard, pour Noël 2003 et est bien plus aboutie. Depuis, je me suis un peu tourné les pouces, ce qui m’a permis de rencontrer une fille formidable prénommée Marie :-)

  • ...L'histoire confirme en effet que Marie détourna bien des pecheurs de leurs objectifs initiaux...Nos amitiés à ta belle! Au fait, sur quelle bécane t'es tu initié au code?

Ma première machine à moi a été un Atari 520 STf avec lequel j’ai fait mes premières armes en GFA Basic. A cette époque, je n’avais vraiment rien fait d’intéressant. Plus tard, j’ai eu un PC et j’ai été sidéré en adaptant un programme de dessin de fractal en QBasic et en lançant les deux programmes sur les deux machines…Odd stuff demo Le ST avait fini avant le PC, alors que ce dernier était censé être 10 fois plus puissant ! J’avais toutefois rangé le ST dans un placard et je ne l’avais pas ressorti jusqu’à… la découverte de l’émulateur PacifiST m’a redonné goût au ST. J’ai passé beaucoup de temps dans des cybercafés pour télécharger des démos, des jeux que l’on commençait à trouver très facilement sur le Net, phénomène PacifiST oblige. Puis je me suis acheté un 520 STe que j’ai gonflé à 4 Mo, puis ajouté un disque dur. et réalisé un vieux rêve : m’acheter un Falcon 030. C’est sur le STe et le Falcon que j’ai commencé à apprendre l’assembleur 68000, me concentrant essentiellement sur le ST et le monde de la démo. Accessoirement, j’ai possédé plusieurs Amiga, et j’en possède toujours. J’ai utilisé un Amiga 4000 68k jusqu’à ce que sa carte mère rende l’âme. J’ai vraiment adoré cette machine, et j’adorerai avoir un OS léger et bien pensé comme l’AmigaOS sur une machine actuelle. Je regarde du côté de l’Efika2 et de MOS 2.0, ainsi que du côté d’AROS pour la suite ;-) J’avoue que l’OS4 ne m’intéresse absolument pas.

  • Toi et la scène, une romance qui démarra...

Quand je lisais les revues Atari de l'époque, ST Mag et Start Micro, l'une des premières choses que je lisais était la rubrique code et la rubrique démos. Je ne sais pas vraiment dire pourquoi, mais ce petit univers m'a toujours fasciné, notamment par le haut-niveau technique de l'époque et les limites techniques constamment reculées. Une fascination également pour les modules et les soundchips, pour ces graphs réalisés avec amour, pixel après pixel.. Et, étant ado, je m'étais toujours dit qu'il fallait que je fasse une démo moi aussi...Plus tard, quand j'ai eu mon premier PC, j'ai été plutôt dégoûté par cette machine, et surtout son OS, qui était vraiment une régression par rapport à ce que je connaissais de l'Atari, et je n'imagine pas quel pouvait être le sentiment d'un Amigaïste fraîchement débarqué sur PC avec MS-DOS 6.22 et Windows 3.1!

Donc, fâché avec le PC, j'ai erré autour du premier émulateur ST disponible, PacifiST, et, plus tard, je me suis racheté une machine, un disque dur et j'ai appris à coder en assembleur dessus. Puis, ça a été ma première coding party, la JEM 98 à Strasbourg, où j'ai rencontré les membres de Sector One et j'ai notamment sympathisé avec un de leur codeur, Exyl, qui apprenaît lui aussi l'assembleur. Nous nous sommes échangé quelques bouts de code, expériences, etc. et nous avons monté le projet d'une petite démo lui et moi, en compagnie d'un graphiste appelé ST Survivor. Le projet a capoté avec STS, mais le groupe Sector One a repris le projet et m'a intégré. Au même moment, notre graphiste Edo est rentré en contact avec le groupe Dune, un vieux de la vieille, et qui était à l'origine du magazine Start Micro, et la collaboration avec ce groupe a commencé, et depuis nous ne nous séparons plus :-) Voici comment est né la Odd Stuff, et comment mon rêve d'ado s'est réalisé.

  • Lors de la RGC 2007 et 2008, nous avons pu constater que tu codais sur un A1200 avec une carte accélératrice 68060 et nous savons également que tu as un Falcon avec une CT60, donc voici la question piège, en toute objectivité sur lequel préfères tu coder?

C’est tout à fait exact. J'ai toujours possédé ce Falcon, et j'avais immédiatement profité de l'opportunité d'avoir une CT60, qui devait transformer mon Falcon en rolls des machines 68k : SD-Ram, etc. J'ai racheté cet Amiga 1200 voici trois ans, à une Huno Party, car je regrettais mon A4000. Je lui ai rapidement trouvé une carte Blizzard 1260. Je ne l'ai finalement remis en route en septembre dans le but d'en faire une machine de démo. Je préfère coder sur le Falcon car les choses sont plus simples pour moi car je connais la machine depuis longtemps maintenant. Et puis, il faut bien avouer que l'Atari, en général, est bien loin d'avoir un chipset aussi puissant que celui de l'Amiga. Du coup, quand on veut faire quelque chose, on le fait au CPU, sans se poser plus de questions. Néanmoins, j'ai toujours eu une fascination pour l’Amiga et je voudrais bien faire quelques petites choses exploitants un minimum les customs chips qui ont fait de l’Amiga ce qu’il est. Donc, pour l'instant, je code un peu sur l'Amiga, en fonction de mon temps libre.

  • Fascination bien connue par ici... On connaît tes talents de coder mais en as tu d'autres: musique, gfx, poterie?

Ah non, je n’ai aucun autre talent!! Je fais juste un peu de cuisine, mais pas de quoi casser des briques, c’est surtout parce que j’en avais marre de manger des pâtes. Un autre talent ?? Euh, je ne vois pas...

Frost

  • C'est un fait avéré à présent, les coders sont élevés aux sucres lents...;) Parle nous de ton actualité, as tu des projets sur le feu?

Je n’ai aucun projet concret pour l’instant, seulement quelques idées. Le principal problème est, comme pour beaucoup d’entre nous, le temps. Je partage ma vie entre mon travail et ma chérie, et ce n’est pas facile de trouver du temps libre pour geeker. En fait, j'ai surtout peur de m'investir dans un projet aussi long qu'une démo. Réaliser une démo demande un investissement vraiment très important: non seulement cela prend énormément de temps, mais en plus cela monopolise l'attention. Quand j'étais étudiant, il m'arrivait souvent, alors que j'étais en cours, de ruminer une routine, de la réécrire sur papier pour voir comment l'optimiser, mais ce n'est plus possible maintenant, mon travail accapare toute mon attention durant la journée et le soir je ne sais plus où j'en étais, et souvent je n'ai simplement pas envie de me remettre à bosser. Du coup, le seul projet concret que j’ai, c’est celui de refaire ma cuisine et continuer à geeker tranquillement :-)

  • ...La cuisine reprit donc ses droits et absorba le coder qu'elle avait enfanté... Une triste histoire mes amis... Revenons maintenant sur notre sujet, Les demopartys Françaises disparaissent peu à peu, penses-tu que cela augure une disparition totale dans l'hexagone ?

Non, je pense que le problème est ailleurs. La scène française a tendance à vivre par elle-même et pour elle-même. Les évènements ne sont pas assez médiatisés en dehors du pays, et l'aspect demoparty n'est de toute façon pas assez mis en avant. Les grandes demopartys des années 90 ne sont plus et il n'y a eu personne pour reprendre le flambeau, chacun devant attendre que l'autre s'y mette. Et, en plus de cela, les talents se font rares, surtout sur nos machines, ce qui n'arrange rien. Je pense que la tendance peut s'inverser, mais il faudra à tout prix que la scène française perde son côté autiste et s'ouvre au reste de l'Europe. C'est à nous d'aller vers les autres et de montrer que nous sommes là, et une partie du problème sera déjà résolue. Et aussi, il est primordial d'insister sur la promotion de l'évènement et ne pas se contenter de faire de la pub sur les sites francophones, essayer de faire des invitros, etc. Ce genre de manifestation attirera toujours du monde, mais il est à mon sens nécessaire de s'ouvrir au reste de l'Europe.

  • Si certaines personnes se sentaient motivées pour inverser la tendance en créant de nouveaux événements, crois tu que le public suivrait ? Et personnellement, voudrais-tu replonger de nouveau dans cet univers ultra-geek que ce soit sur Atari ou Amiga ?

Je pense que le public suivrait pour un tel événement, il n'y a qu'à voir la dernière Alchimie qui a fait salle comble cette année. C'est seulement assez dommage qu'il n'y ait pas beaucoup de productions présentées à cette manifestation. Une promo bien ciblée, et surtout une manif bien définie devrait faire en sorte d'attirer du monde. Pour ma part, bien sûr que je me replongerai avec plaisir dans cet univers ultra-geek comme tu dis, ça fait partie de ma culture et ça fait du bien à mon côté geek-qui-ne-veut-pas-se-raser-pendant-trois-jours.

  • Messieurs les organisateurs de demoparty, ceci est un appel à l'aide! Aidez notre Frost à sortir de sa cuisine! bon, à part ça, quelle genre de prod' affectionnes-tu?

Je suis de plus en plus féru d'intros de petites tailles, que ce soient les 64 Ko, les 40 Ko, et moins encore. Je ne trouve pas qu'il y ait encore de limites à casser sur les machines actuelles, comme au « bon vieux temps », et les intros à taille limité permettent d'apporter le challenge qu'il manque aux machines actuelles, en tout cas du point de vue d'un codeur. De plus, le processus de création d'une démo prend de plus en plus la forme d'une démarche artistique et cela ne peut être que positif pour l'avenir.

  • Des opinions à partager sur la communauté Amiga, le Golden Age, Rise and Fall of Commodore i tutti quanti?

Commodore avait tout pour dominer durablement le marché, mais Irving Gould a tout saboté. Et cet âge d'or, je l'ai connu par les récits de Jean-Jacques (monsieur SL-Diffusion !), notre Jedi/Yoda national, ou encore un ami collectionneur qui était en fait un swapper de premier ordre à l'époque et grand spécialiste du Copper. J'ai le sentiment que c'était une époque formidable, où beaucoup de choses étaient à faire et à découvrir... Des choses superbes sont sorties, les démos sur Amiga ont petit à petit eu une touche purement Amiga, les standards ont commencé à s'établir.

La communauté Amiga actuelle me paraît parfois un peu irréelle. Ce sont des gens attachés à une machine qui a eu son heure de gloire voici plus d'une dizaine d'années, des passionnés, parfois fanatiques à l'extrême. Mais, autant je trouve que les choses avancent bien côté OS, notamment avec MorphOS, autant je trouve que la scène démo Amiga s'est réduit à peau de chagrin et les sorties sont assez exceptionnelles, et encore plus en France. La même chose se passe également sur Atari, il n'y a plus beaucoup de nouvelles productions. Il est certain que, tout comme moi, les gens ne sont plus étudiants et ont moins de temps à consacrer aux activités über-geek, et le taux de sorties de nouvelles productions s'en ressent fortement.

  • Qu'Intel nous garde du fanatisme. Amen. Now is the time for the last and cheap question... LA demo Amiga que tu retiens?

La question piège! Je n'ai pas de préférence particulière, car beaucoup de démos sont excellentes. Toutefois, j'ai un souvenir particulier de la Arte / Sanity car elle m'a servi d'inspiration tout au long du développement de la Odd Stuff sur ST. Bien sûr, il y a bien d'autres démos qui ont dû m'inspirer mais la Arte est vraiment la démo que je regardais plusieurs fois par semaine, avant de coder.



Sector One WHQ: lien

Le blog de frost: Live Transmission

 

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Mise à jour le Jeudi, 12 Mars 2009 03:01
 

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